LA CONSOMMATION RESPONSABLE
Dans le contexte de fin de cycle économique que nous vivons, la consommation
responsable s'impose comme un projet de société crédible parce que viable dans la mesure où il pose une exigence de qualité globale (non seulement intrinsèque et sanitaire mais aussi sociale et
environnementale) afin de contribuer à la modification des modes de production, de commercialisation et de consommation.
Nous devons nous saisir de cette démarche, nous l'approprier et l'accompagner pour
construire une perspective durable à nos enfants d'un monde à vivre. Sa mise en action concrète est l'affaire de tous!
Astrid SCHARLY
La consommation responsable est comme tout autre
acte économique, l'expression économique d'un comportement au quotidien. Elle peut être individualiste, ou responsable et solidaire.
Comment devient-on et comment reste-t-on
consommateur responsable ?
Il faut tout d'abord prendre conscience des
effets sur l'être humain, la société, l'environnement et la démocratie des modes conventionnels de production, commercialisation et consommation. Il faut ensuite avoir accès à une information
suffisamment neutre, non orientée par des intérêts économiques, qui permette d'entretenir son esprit critique et de choisir en toute connaissance de cause. Puis il s'agit d'acquérir de nouveaux
réflexes : dans ses comportements, dans ses actes d'achat et dans le choix de ses lieux d'achat.
Mais les actes
d'achat seuls ne suffiront pas à apporter rapidement les changements escomptés, dans un contexte de commerce mondial où des entreprises détiennent un pouvoir supérieur à celui d'Etats entiers.
Les cent premières puissances économiques mondiales comptent en effet 49 Etats et 51 entreprises. On comprend les pressions auxquelles peuvent être soumises les Etats. Il faut donc
entretenir une mobilisation citoyenne pour faire évoluer l'offre des entreprises et le cadre législatif.
Il faut agir:
-
sur les modes de production, de
commercialisation et consommation, et leurs conséquences
-
sur les alternatives économiques, les
valeurs dont elles sont porteuses, leurs résultats
-
les possibilités de consommer autrement (par
ses actes d'achat et ses comportements)
-
les modes d'action au-delà de la
consommation
Quelles mesures proposées pour favoriser
prise de conscience et changement d'échelle?
-
Tout mettre en oeuvre pour stimuler la prise
de conscience générale, la sensibilisation et la responsabilisation de tous les acteurs (consommateurs, investisseurs, chefs d'entreprise, travailleurs, etc.), individuellement et
collectivement
-
Promouvoir écoute, respect et connaissance
des autres et de soi-même
-
Promouvoir l'acquisition de nouveaux
réflexes, valoriser les changements de comportements de tous les acteurs et notamment les actions citoyennes individuelles par la mise en perspective comme participation à une action
collective et solidaire
-
Sensibiliser aux principes et gestes de
consommation responsable et de citoyenneté dès l'enseignement primaire
-
Intégrer les
notions de responsabilité sociale et environnementale de tous les acteurs économiques et une évaluation large des richesses (incluant les activités non
monétaires) à l'enseignement de l'économie
-
Développer les actions d'éducation populaire
dans ce sens
-
Favoriser le développement local,
l'autonomisation et les initiatives locales en réseau
-
Favoriser la consolidation et l'émergence de
réseaux régionaux et internationaux (partage d'expérience, capitalisation des réflexions, mutualisation des ressources, démultiplication des actions)
-
Developper des simulations et modèles
induits par les changements de consommation et de comportement
-
Mettre en place un encadrement législatif de
la publicité (domaine actuellement quasi-intouchable)
-
Prévoir la participation des citoyens à
l'évaluation transversale et internationale des firmes (incluant les politiques marketing et communication, les implantations dans les paradis fiscaux, etc.)
Véronique Gallais, présidente d'Action
Consommation
Intervention lors du Colloque « Les citoyens peuvent-ils changer l'économie ? » - le 14 mars 2002 à l'Assemblée Nationale
Enquête Ipsos pour la PFCE, le MAEE et le
Gret (parution mars 2008)
L'opinion & les pratiques des Français en matière de commerce équitable
8 Français sur 10 connaissent le terme commerce équitable. Il est associé à une bonne qualité des produits ainsi qu'au respect des
petits producteurs des pays émergents.
36% des Français ont déclaré avoir acheté des produits issus du commerce équitable au cours du mois précédant l'enquête pour un
budget compris entre 5 et 20 €. Le café, le riz, les céréales et le thé sont les produits les plus
achetés.
Le lieu d'achat s'effectue principalement en grandes et moyennes surfaces (93%).
46% des Français n'achètent pas de produits issus du commerce équitable faute d'un manque d'exposition et d'accessibilité sur les
lieux de vente.
Pour 28% des Français qui n'achètent pas de produits issus du commerce équitable, ces derniers sont trop chers par rapport à la
concurrence.
57% des Français ayant entendu parler du commerce équitable jugent qu'ils disposent de trop peu d'informations sur le fonctionnement réel du commerce équitable.
Les Français & la consommation responsable : les faits marquants
Source : Enquête du Credoc pour le SESSI (Service dépendant du Ministère de
l'Economie, des Finances et de l'Industrie), 2002
- 38% des consommateurs français disent tenir compte des engagements de " citoyenneté " des entreprises
lorsqu'ils achètent des produits.
- les Français attendent avant tout des engagements de citoyenneté de la part des entreprises pour ce qui concerne les produits alimentaires. Ils sont très exigeants, notamment, sur les sujets liés au conditionnement, à la traçabilité et aux labels.
- Les consommateurs sont surtout des personnes à fort capital économique et culturel (cadres supérieurs, diplômés de l'enseignement supérieur).
- parmi les causes jugées importantes de défendre, arrivent en tête le refus du travail des enfants (46%), le fait que le produit soit fabriqué en France (32%), le respect des conditions de
travail des salariés (30%).
- la sensibilité des personnes aux différentes causes est fonction de leur âge et de leur catégorie professionnelle. Les cadres supérieurs se soucient plus particulièrement du respect de
l'environnement.
- les Français disent rencontrer des difficultés pour reconnaître les logos certifiant que le produit
respecte l'environnement.
- plus de neuf consommateurs sur dix se disent susceptibles de boycotter un produit qui ne respecte pas certains engagements éthiques.
Les principales raisons sont liées au travail des enfants (41%), à une fabrication nuisible à l'environnement (35%), aux licenciements de personnel lorsque l'entreprise réalise un bénéfice
(30%).
- dans les faits, 11 millions de Français ont déjà effectivement refusé d'acheter un produit pour une
raison " citoyenne ". Dans 43% des cas, le refus d'acheter un produit s'appuyait sur le fait que
l'entreprise licenciait du personnel ou fermait une usine. Ce sont les cadres supérieurs, les diplômés et franciliens qui déclarent avoir effectivement boycotté des entreprises qui licenciaient
du personnel.
- quant à la variable prix, un Français sur deux se déclare prêt à payer un supplément de prix de 5%
pour des produits éthiques et un sur cinq en est même certain.
La consommation responsable est l’expression d’un consommateur averti, responsable et engagé. Son principe de base est de consommer que si cela s'avère vraiment
nécessaire.
L'éco-consommateur va réfléchir
sur les conséquences environnementales et sociales de son acte d'achat, et doit appliquer les principes qu’il exige des entreprises, des politiques, des collectivités
:
-
Il doit apprendre à lire une étiquette,
savoir reconnaître un label environnemental, chercher la provenance du produit, s’informer des conditions de travail dans lesquelles a été fabriqué le
produit.…
-
Il doit encourager les
bonnes pratiques de consommation et dénoncer les mauvaises.
-
Il doit informer les autres (son entourage,
ses collègues, des associations, en parler sur des forums internet, à la presse…) sur la fabrication très polluante d’un produit, sur les pratiques d’industriels peu scrupuleux, ou qui ne
respectent pas les règles de l’Organisation Internationale du Travail (OIT)…
-
Il doit impliquer les autres en les
sensibilisant, en leur faisant changer leurs habitudes de
consommation, ou en boycottant certains produits…
-
Il doit soutenir les campagnes d’information
ou de sensibilisation, signer les documents adressés aux enseignes, magasins, pouvoirs publics, les pétitions…
-
Il doit interpeller : utiliser les boîtes à
suggestions dans les magasins par exemple, interroger les vendeurs, les personnes de l'accueil sur l'origine du produit, sur ses conditions de fabrication…
-
Il doit consommer des
produits issus du commerce équitable, et en faire la promotion.
Les actes d'achats responsables constituent un
véritable levier économique puisqu’ils représentent tous les achats quotidiens et ponctuels, des individus, des entreprises et des
collectivités.
Les consommateurs deviennent de plus en
plus responsables dans leurs actes de consommation, et cette tendance devrait modifier à terme toute la chaîne, notamment en forçant les entreprises et les distributeurs à plus d’implication en
matière de développement
durable.
Chiffres-clés du commerce
équitable en France
voir également les fiches de l'ADEME sur
l'éco-consommation
www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=21435&m=3&catid=21445 - 34k -
www.goodplanet.info/goodplanet/index.php/fre/..
à consommer sans
modération...