RICHESSE ET DIVERSITE ASSOCIATIVE: quelle place dans la vie de la
cité?
Monsieur le Président et administrateurs de la MRES
Mesdames et Messieurs les élus, chers collègues,
Mesdames et Messieurs
Je dois tout d'abord excuser l'absence de Martine AUBRY Présidente de LMCU qui empêchée par d'autres obligations n'a pu se
rendre disponible pour clôturer à vos côtés cette journée. Elle m'a demandé de bien vouloir la représenter et c'est donc avec plaisir que je me retrouve avec vous aujourd'hui pour clôturer vos
travaux.
Je reviens des Assises Nationales du DD qui a pris pour sujet de réflexion « Trouvons la richesse: qu'est ce qui compte
vraiment pour vous? ».
Voilà une proximité de sujet fort opportune à la thématique de vos travaux à la fois dans son actualité mais aussi par ses
enjeux, cela n'est sans doute pas dû à un hasard de calendrier.
En effet, votre projet associatif et toutes les actions qui en déclinent transcendent un enjeu de société, qui est celui du
développement durable et qui nous concerne tous.
Une enquête réalisée par l'IPSOS qui nous a été présentée a révélé que 97% de la population française connaissait aujourd'hui
le concept de développement durable, ce qui est plutôt encourageant.
9/10 d'entre eux pensent qu'il nous faut transmettre une planète vivable à nos enfants, 40% pensent qu'il faut donner la
priorité à l'emploi, 59% que le modèle économique doit être réformé et 31% disent que ce modèle doit être repensé.
Par ailleurs ils sont conscients de la nécessité de modifier leurs modes de consommation. Seulement 14% disent qu'ils sont
prêts à être sanctionnés, 32% disent qu'ils sont plutôt OK. Mais il reste néanmoins un hyatus entre la compréhension des choses, les intentions et les actes.
Autre fait marquant: 70% de personnes enquêtées demandent à ce que les actions concertées entre pouvoirs publics-entreprises
et citoyens se développent et revendiquent d'être davantage associés aux décisions qui les concernent.
La crise économique et financière a incontestablement dopé cette prise de conscience et l'IPSOS a observé que plus on avance
en âge, plus on prend en compte la dimension sociale et économique dans le concept de développement durable et son échelle planétaire.
Dans la mesure où 50% des réponses à cette double crise écologique et économique sont générés par nos comportements, le
soutien et l'accompagnement instituionnel de nos collectivités auprès des acteurs associatifs, forces vives de la cité sont donc particulièrement adaptés.
Ceci est d'autant plus vrai que c'est à l'échelle des collectivités locales qu'il est possible d'agir local pour penser
global.
C'est pourquoi LMCU a lancé depuis 2004 un appel à projets dont l'objet sociétal vise à promouvoir le Développement Durable
par des actions d'information et de sensibilisation auprès des habitants.
Les différents thèmes depuis 4 ans ont été la lutte contre le réchauffement climatique, la pollution de l’air, la
maîtrise des besoins en énergie, la préservation de la biodiversité en ville et en milieu rural, la ville durable ainsi que de favoriser l’usage des transports en commun.
C'est avec cette vision des possibles que Lille Métropole Communauté urbaine s'est fixé, à vos côtés, dans l'élaboration de
son agenda 21, l'appropriation par les habitants de la Métropole de ses ambitions dans leur vie quotidienne.
De 2004 à 2008 ce sont 140 projets qui ont été ainsi soutenus pour un financement global de 597 638 € dont la MRES a bénéficié
de près de 25%.
J'ai souhaité procéder à une évaluation des appels à projets pour interroger la pertinence de la procédure d’appel à projets
mise en place depuis 2004 pour une mise en perspective efficace et adaptée aux enjeux du DD durant ce nouveau mandat .
Cette évaluation conforte l’intérêt d’un partenariat et pose les bases et la nécessité d’une amélioration du dispositif actuel
d’appel à projets.
Cette amélioration vise la nécessité d'agir de manière plus équilibrée sur l'ensemble du territoire communautaire d'une part,
et de développer la complémentarité et la diversité des associations environnementales, sociales et économiques, d'autre part.
Il faut en effet éviter de réduire les actions DD à leur seul aspect environnemental et investir la sphère sociale et
économique à de nouveaux modes d'agir, si nous voulons changer de cap.
De même, face à l'urgence de la crise, il nous faut changer d'échelle et situer l’action de LMCU dans un rôle d’impulsion
territoriale.
De nouveaux modalités de contractualisation avec le tissu local sont en cours de préparation avec comme
priorité :
Nous préparons les conditions d'une délibération en ce sens dès le printemps, c'est à dire que nous vous proposerons des
réunions de concertation dès la semaine prochaine dans cette perspective.
Je suis persuadée que dans le contexte que nous subissons de plein fouet que seul le débat démocratique nous permettra de
construire ensemble de nouveaux modes de faire et d'agir.
De même, qu'il s'agisse de transports, de biodiversité, d'écologie urbaine, de précarité sociale et énergétique, de
préservation de nos ressources naturelles, d'économie locale, sociale et solidaire, toutes les collectivités locales sont concernées à toutes les échelles territoriales par leur compétence à
relever de tels enjeux.
Il nous faudra imaginer ensemble, aujourd'hui, mais pas avec les recettes d'hier, comment nous voulons imaginer de vivre
ensemble demain.
Nous sommes tous au pied du mur et toutes collectivités confondues nous ne pourront chercher à résoudre seules de tels défis,
tout simplement faute de moyens.
Il me semble que la mise en synergie de nos moyens d'actions s'impose de fait et que nous devrons ensemble chercher avec
l'Europe et l'Etat comment répondre à l'urgence sociale et écologique .
Ce n'est sûrement pas avec la relance de plans autoroutiers ou le soutien à la finance sans conditions, contraires à l'intérêt
général que nos problèmes seront résolus, bien au contraire.
Il faut cesser de changer le pansement mais penser au changement !
Nous sommes mis en demeure d'être imaginatifs, créatifs, pour inventer un plan de relance dont le soutien notamment à
l'investissement humain et la créativité seront le moteur.
L'entreprise est avant tout humaine et la lutte contre l'exclusion, la pauvreté et les discriminations ne peuvent plus
simplement être relégués à la gestion de dispositifs en mille feuilles dont même les professionnels ne se reconnaissent plus, et qui relèvent davantage de la réparation sociale que du
développement local.
Ce n'est pas non plus de cette économie prédatrice qui nous a fait par ailleurs la démonstration de son incapacité à résoudre
les problèmes de l'humanité que nous avons à nous inspirer.
Une intervenante Québécoise nous disait aux Assises du DD, qu'il faut arrêter de faire monter les pauvres dans des escaliers
roulants qui descendent, et que nous devrions en priorité nous occuper des escaliers!
Nous voilà prévenus!
Des pistes à mon sens pourraient être explorées pour mutualiser les moyens des collectivités territoriales et pour créer les
articulations pertinentes, je n'en citerai que trois pour exemples:
-
travailler à la solvabilisation de la demande sociale pour relancer un programme ambitieux d'activités socialement utiles
(aide aux personnes âgées, culture vivante, garde d'enfants etc..) qui sont organisées sur la structuration de l'offre sur le modèle économique que nous connaissons et qui n'a pas fait ses
preuves
-
développer les filières d'éco- construction, d'éco matériaux, les déplacements alternatifs à la voiture qui là aussi nous
concerne tous et qui pourraient constituer des groupements institutionnels pour un investissement socialement responsable.
Voilà de beaux chantiers que nous avons d'ailleurs déjà engagé pour chacun de nous, mais qu'il nous faut intensifier ensemble,
en associant les citoyens à leur mise en oeuvre.
Nous aurons à reconsidérer la place que nous laissons aux personnes en situation de pauvreté et d'exclusion sociale dans
l'élaboration de nos politiques publiques.
Nous devrons repenser l'expertise citoyenne par des programmes ambitieux de développement humain.
Il nous faudra également nous réapproprier les mots utilisés et déviés de leur sens par le monde économique qui n'a pas de
légitimité pour nous imposer nos modes de vie.
La richesse par exemple: de quelle valeur parle t-on exactement? Le sens du mot valeur signifie la force de vie face à la mort
. La valeur qui détermine la richesse selon le monde économique a été déconnectée de son sens et l'on voit aujourd'hui où cela nous mène!
Mais ne nous y trompons pas! Vouloir refaire le Monde c'est aussi nous réinterroger sur ce que nous sommes et de ce point de
vue notre responsabilité individuelle est totalement engagée.
La créativité culturelle et artistique sont de ce point de vue des leviers puissants pour redonner du sens à notre chemin de
vie et nous insuffler le désir du changement. C'est pourquoi, j'impulserai à l'agenda 21 actuel durant le mandat 2009-2013 des propositions pour compléter celui ci par un agenda 21 culturel et
nous organiserons des temps de rencontres pour en débattre cette année.
La richesse est donc aussi celle des hommes et des femmes, l'intelligence créatrice, celle du coeur dans leur capacité à
inventer le vivre ensemble sur une même planète qu'il va falloir partager.
Mais le temps nous est compté et nous n'avons que peu de temps pour inverser la donne. Si nous ne réussissons pas à empêcher
que la Terre augmente de 2° dans les dix ans à venir, notre survie est directement menacée.
Il nous faut donc penser ensemble un autre paradigme de développement .
Notre partenariat sera donc actif, intensif, exigeant même, et je souhaite dans la crise actuelle qui ne fait que commencer ,
qu'elle soit pour nous l'opportunité pour construire une nouvelle utopie d'un monde à vivre.
Nous serons à l'écoute des forces vives du territoire dont vous représentez un acteur essentiel. Nous avons besoin de
vous.
Il reste à nous souhaiter mutuellement une année, solidaire, fructueuse en projets, enrichissante individuellement et
collectivement par la diversité de nos cultures.
Bonne année à toutes et à tous ainsi qu'à ceux qui vous sont chers.
Je vous remercie de votre attention.